Refaire electricité maison cout : remise aux normes, tableau, prises et éclairages

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Refaire electricité maison cout : remise aux normes, tableau, prises et éclairages
Refaire electricité maison cout : remise aux normes, tableau, prises et éclairages

Refaire l’électricité d’une maison : par où commencer et combien ça coûte vraiment ?

Refaire l’électricité d’une maison, ce n’est pas juste changer deux prises et un interrupteur. Quand on parle de remise aux normes complète (tableau, câbles, prises, éclairages), on est sur un chantier qui touche à la sécurité de toute la maison… et au portefeuille.

Dans cet article, on va voir ensemble :

  • comment savoir si votre installation doit être refaite ;
  • ce que comprend réellement une remise aux normes ;
  • les prix au m², par pièce et par élément (tableau, prises, luminaires) ;
  • ce que vous pouvez faire vous-même… et ce qu’il vaut mieux laisser à un électricien ;
  • des exemples chiffrés pour une maison de 80, 100 ou 120 m².

Objectif : que vous puissiez estimer votre budget sans mauvaise surprise, et éviter les erreurs classiques qu’on voit trop souvent sur chantier.

Diagnostic : votre installation électrique est-elle à refaire ?

Avant de parler prix, il faut savoir si une remise à neuf complète est vraiment nécessaire, ou si une rénovation partielle suffit.

Les signes qui doivent vous alerter :

  • Tableau électrique très ancien (fusibles à cartouches ou disjoncteurs en porcelaine).
  • Absence de différentiel 30 mA (c’est l’appareil qui coupe en cas de fuite de courant et qui peut vous sauver la vie).
  • Prises sans terre dans les pièces d’eau (cuisine, salle de bain) ou dans la majorité des pièces.
  • Câbles en tissu, coton ou gaines rigides vieillissantes (installation années 60–70).
  • Disjoncteur principal qui saute souvent, surtout quand plusieurs appareils tournent en même temps.
  • Traces de chauffe autour des prises, odeur de brûlé, prises qui bougent dans le mur.

Vous pouvez aller plus loin avec un diagnostic électrique :

  • Dans l’ancien (plus de 15 ans), le diagnostic est obligatoire en cas de vente.
  • Un électricien peut aussi faire un état des lieux (comptez 100 à 200 € selon la taille de la maison).

Ce diagnostic permet de savoir si une mise en sécurité suffit (on corrige les points les plus dangereux) ou si on part sur une rénovation complète (toute l’installation à refaire).

Remise aux normes : ce que dit la norme NF C 15‑100

En France, la référence pour l’électricité domestique, c’est la norme NF C 15‑100. Personne ne vous demandera de l’apprendre par cœur, mais il faut connaître ses grandes lignes pour comprendre un devis.

En rénovation, on vise surtout :

  • Un tableau correctement équipé : disjoncteur différentiel 30 mA, disjoncteurs divisionnaires, répartition par circuits.
  • Des circuits adaptés :
    • prises de courant en 2,5 mm² protégées en 20 A maximum ;
    • éclairages en 1,5 mm² protégés en 16 A maximum ;
    • gros appareils (four, lave-linge, plaques, chauffe-eau) sur circuits dédiés.
  • Assez de prises par pièce (pour éviter les multiprises partout) :
    • séjour : minimum 5 prises ;
    • chambre : au moins 3 prises ;
    • cuisine : au moins 6 prises dont 4 au-dessus du plan de travail.
  • Terre partout, surtout dans les pièces d’eau.
  • Protection spéciale en salle de bain : volumes de sécurité autour de la douche/baignoire.

Une remise aux normes, ce n’est donc pas seulement « changer le tableau ». C’est vérifier tout le cheminement des câbles, les sections, la protection et la répartition des circuits.

Combien coûte une rénovation électrique complète ?

Pour une rénovation totale (tableau + câbles + prises + éclairages), réalisée par un électricien, on se situe en général entre :

  • 80 à 130 € TTC / m² pour une maison ou un appartement déjà habité (rénovation avec saignées, rebouchage, contraintes d’occupation).
  • 70 à 110 € TTC / m² pour une rénovation lourde dans un logement vidé, souvent combinée avec d’autres travaux (plâtrerie, isolation).

Ces fourchettes incluent en général :

  • le tableau électrique complet ;
  • le tirage des lignes (câbles) ;
  • la pose des gaines et boîtes d’encastrement ;
  • les prises, interrupteurs, points lumineux ;
  • la main-d’œuvre et les petites fournitures.

Exemples de budgets :

  • Maison 80 m² : environ 6 500 à 9 500 € TTC.
  • Maison 100 m² : environ 8 000 à 12 000 € TTC.
  • Maison 120 m² : environ 9 500 à 15 000 € TTC.

Les écarts viennent de :

  • l’état initial (simple mise en sécurité vs tout à refaire) ;
  • la région (plus cher en Île‑de‑France et grandes villes) ;
  • le niveau de gamme des appareillages (prises/interrupteurs entrée de gamme ou design) ;
  • l’accessibilité (murs en briques, en pierre, cloisons placo, combles faciles ou pas).

Le prix d’un tableau électrique aux normes

Le tableau électrique est le cœur de votre installation. Si lui est mal fait, le reste ne sert à pas grand-chose.

Pour un logement standard (80 à 120 m²), il faut compter :

  • Tableau seul (matériel) :
    • entrée de gamme : 150 à 250 € ;
    • milieu de gamme (marques reconnues, modulaires) : 250 à 450 € ;
    • haut de gamme (pré‑câblé, évolutif, avec délesteur, domotique possible) : 400 à 800 €.
  • Fourniture + pose par un électricien : en général entre 400 et 1 000 € TTC selon :
    • le nombre de rangées ;
    • le nombre de circuits ;
    • la complexité du raccordement (ancien tableau à déposer, rallonges, repérage).

Pour un tableau complet avec 2 à 3 rangées, différents différentiels 30 mA, disjoncteurs correctement répartis, comptez en moyenne 600 à 800 € TTC posé dans une rénovation sérieuse.

Prises : combien ça coûte d’en ajouter ou de tout refaire ?

Sur un chantier, on sous‑estime souvent le nombre de prises… et on le regrette ensuite. Le coût d’une prise vient surtout de la main‑d’œuvre (saignée, encastrement, tirage du câble, rebouchage), plus que de la prise elle‑même.

Ordres de grandeur :

  • Prix d’une prise seule (matériel) : 3 à 12 € selon la gamme.
  • Pose d’une prise supplémentaire encastrée par un pro :
    • en rénovation : 70 à 120 € / prise fournitures comprises ;
    • en neuf ou sur cloison placo accessible : 50 à 90 € / prise.

Pour une rénovation complète des prises dans une maison de 100 m², on arrive facilement à 25 à 40 prises (toutes pièces confondues). Le coût des prises fait alors partie du forfait global au m², mais en gros :

  • environ 2 000 à 3 500 € du budget total correspondent aux points de prises (matériel + pose).

Astuces de terrain :

  • Prévoyez plus de prises que le minimum imposé par la norme, surtout dans le séjour et la cuisine.
  • Pensez hauteur et emplacement (télé, bureau, plan de travail, chevet, cellier…). Mieux vaut réfléchir 1 heure que tout casser dans 6 mois.

Éclairages : points lumineux, va‑et‑vient, spots

Pour l’éclairage, le coût dépend du type de point lumineux :

  • Point lumineux simple (sortie de fil + interrupteur) :
    • matériel + pose en rénovation : 80 à 150 € / point ;
    • en placo existant avec accès facile : souvent à partir de 60 € / point.
  • Spots encastrés :
    • spot LED entrée de gamme : 15 à 30 € / spot (matériel) ;
    • pose : 40 à 70 € / spot selon accessibilité.

Sur une maison de 100 m², on a vite :

  • 10 à 15 points lumineux principaux (pièces) ;
  • 5 à 20 spots (cuisine, salle de bain, couloir, séjour selon le projet).

Là aussi, dans un devis de rénovation complète, c’est souvent intégré dans un prix au m², mais c’est utile pour détecter un devis anormalement faible (où les points lumineux sont sous‑chiffrés).

Rénovation partielle : options plus économiques

Si le budget est serré, il existe des solutions intermédiaires. Typiquement :

  • Changer uniquement le tableau et sécuriser les circuits les plus sensibles (cuisine, salle de bain) :
    • budget : 600 à 2 000 € TTC selon l’ampleur.
  • Mettre en sécurité sans tout refaire :
    • ajout de différentiel 30 mA, mise à la terre de certaines prises, remplacement de conducteurs trop fins ou dangereux ;
    • budget : souvent 1 000 à 4 000 € selon les priorités.
  • Rénover par zones (par étage ou par pièces) :
    • commencer par la cuisine et les pièces d’eau, puis les chambres, etc.

Ce n’est pas aussi propre qu’une rénovation globale, mais c’est parfois la seule façon de étaler les dépenses sans prendre de risques majeurs.

Avec ou sans électricien : ce que vous pouvez faire vous‑même

Question qu’on me pose tout le temps : « Est‑ce que je peux refaire l’électricité moi‑même pour réduire le coût ? »

La réponse honnête : oui, partiellement, mais en sachant exactement où s’arrêter.

Ce que vous pouvez raisonnablement faire si vous êtes bricoleur motivé :

  • ouvrir les saignées dans les murs ;
  • poser les gaines (fourreaux) et les boîtes d’encastrement ;
  • tirer les câbles dans les gaines selon le plan défini avec l’électricien ;
  • reboucher les saignées, enduire et repeindre ;
  • remplacer quelques prises ou interrupteurs simples (hors pièces d’eau).

Ce qu’il vaut mieux laisser à un pro :

  • le dimensionnement des circuits (sections, calibres des disjoncteurs) ;
  • le câblage et le raccordement du tableau ;
  • les volumes de sécurité dans la salle de bain ;
  • le raccordement final au réseau et les essais.

Travailler en binôme avec un électricien est souvent la solution la plus rentable :

  • vous faites la partie « gros bras » (saignées, gaines, rebouchage) ;
  • il fait la partie « cerveau + responsabilité » (schémas, câblage, mises en sécurité).

Résultat : vous pouvez réduire la facture de 20 à 40 % tout en gardant une installation conforme et assurée.

Durée des travaux : combien de temps sans électricité ?

Refaire l’électricité d’une maison habitée demande un peu d’organisation.

Ordres de grandeur pour une rénovation complète :

  • Maison 80 m² : 1 à 2 semaines de travaux.
  • Maison 100–120 m² : 2 à 3 semaines.

En pratique :

  • On travaille souvent par zones pour ne pas couper l’électricité partout en même temps.
  • Les coupures totales se font plutôt sur des tranches de quelques heures (tableau à remplacer, bascule des circuits).

Si vous habitez dans le logement pendant les travaux, discutez avec l’électricien d’un planning précis pour garder au moins une partie des prises et de l’éclairage fonctionnels le soir.

Liste d’outils pour intervenir soi‑même (en partie)

Si vous prévoyez de participer aux travaux, voici le minimum à prévoir :

  • marteau, burin, ou rainureuse avec aspirateur (pour les saignées) ;
  • perceuse avec scie cloche pour boîtes d’encastrement ;
  • tournevis isolés pour l’électricité ;
  • pince à dénuder et pince coupante ;
  • testeur de tension (indispensable avant de toucher à un fil) ;
  • enduit de rebouchage et spatule ;
  • équipement de sécurité : gants isolants, lunettes, masque anti‑poussière, casque si nécessaire.

Et bien sûr, le réflexe n°1 sur un chantier électrique : couper le courant au disjoncteur général et vérifier l’absence de tension avant d’intervenir, même pour « juste débrancher cette petite prise ».

Erreurs fréquentes à éviter

Quelques erreurs que je vois régulièrement en rénovation électrique :

  • Sous‑estimer le nombre de circuits : tout mettre sur deux ou trois disjoncteurs « pour aller vite ». Résultat : disjoncteur qui saute tout le temps et repérage impossible.
  • Trop charger un circuit prises : rallonges, multiprises, appareils puissants sur la même ligne.
  • Prises sans terre conservées « parce qu’elles marchent » dans une cuisine ou une salle de bain.
  • Ne pas respecter les hauteurs réglementaires des prises et interrupteurs, surtout en PMR (personne à mobilité réduite).
  • Spots mal ventilés dans les faux plafonds, avec risque de surchauffe.
  • Câbles qui courent en diagonale dans les murs : c’est plus rapide sur le moment, mais dangereux pour tous les futurs perçages.

L’électricité, ce n’est pas que du confort : c’est aussi la première barrière contre les incendies d’origine électrique, qui restent fréquents en France.

Comment lire et comparer des devis de rénovation électrique

Pour éviter les mauvaises surprises, demandez toujours au moins deux ou trois devis détaillés. À vérifier :

  • Tableau électrique :
    • marque et modèle ;
    • nombre de rangées ;
    • type et nombre de différentiels 30 mA ;
    • nombre et calibre des disjoncteurs.
  • Circuits :
    • combien de circuits prises, éclairage, chauffage, gros appareils ;
    • sections de câbles indiquées (1,5 mm², 2,5 mm², etc.).
  • Nombre de points :
    • prises ;
    • points lumineux ;
    • interrupteurs, va‑et‑vient, commandes spéciales.
  • Démolition / rebouchage :
    • est‑ce inclus ? jusqu’à quel niveau de finition (prêt à peindre ou non) ?
  • Certifications :
    • assurance décennale mentionnée ;
    • label éventuel (Qualifelec, RGE si combiné avec des travaux d’économie d’énergie).

Un devis trop vague du type « remise aux normes installation électrique : 7 000 € » sans détail doit vous mettre la puce à l’oreille. Vous devez savoir exactement ce qui est fait, où, avec quel matériel.

En résumé : ordre de grandeur des coûts à prévoir

Pour vous donner un repère rapide :

  • Rénovation électrique complète :
    • 80 à 130 € / m² par un électricien qualifié.
  • Tableau électrique complet posé :
    • 400 à 1 000 € TTC selon la complexité.
  • Prise encastrée supplémentaire :
    • 70 à 120 € en rénovation.
  • Point lumineux simple :
    • 80 à 150 € selon l’accessibilité.
  • Mise en sécurité partielle :
    • entre 1 000 et 4 000 € selon les priorités.

Si vous hésitez entre tout refaire ou simplement mettre en sécurité, commencez par un diagnostic sérieux. On évite ainsi de dépenser 3 000 € dans de la « bricole » pour finalement tout refaire deux ans plus tard.

Et souvenez‑vous : sur l’électricité, le vrai coût n’est pas seulement en euros. Une installation saine, c’est moins de stress, moins de pannes, et surtout beaucoup moins de risques pour vous et votre maison.

— Ethan