Travaux d intérieur appartement : ordre des interventions, prix moyens et planning

0
3
Travaux d intérieur appartement : ordre des interventions, prix moyens et planning
Travaux d intérieur appartement : ordre des interventions, prix moyens et planning

Par où commencer des travaux d’intérieur dans un appartement ?

Refaire entièrement un appartement, c’est un peu comme organiser un gros chantier dans une boîte d’allumettes : tout se touche, tout se gêne, et la moindre erreur d’ordre peut vous coûter cher. Heureusement, en respectant une logique simple, on évite 80 % des galères : retards, surcoûts, reprises de travaux, poussière partout alors que la peinture est finie, etc.

Dans cet article, on va voir ensemble :

  • l’ordre logique des interventions à l’intérieur d’un appartement,
  • les prix moyens par type de travaux,
  • un planning réaliste pour un chantier type,
  • et les erreurs classiques à éviter.

Objectif : que vous puissiez planifier votre rénovation d’appartement de A à Z, avec une vision claire du budget et du temps à prévoir.

Étape 1 : le diagnostic de l’appartement

Avant de casser des cloisons ou de choisir une jolie peinture, on commence par regarder l’existant. Un bon diagnostic vous évite de « maquiller » des problèmes de fond.

À vérifier en priorité :

  • L’électricité : tableau ancien, prises non mises à la terre, fils apparents, absence de différentiel 30 mA, prises dans la salle de bain mal placées.
  • La plomberie : traces d’humidité, fuites, tuyaux en acier ou en plomb très anciens, pression d’eau irrégulière.
  • Les menuiseries : fenêtres simple vitrage, jeux importants, fermetures difficiles, infiltrations d’air.
  • Les murs et plafonds : fissures, cloques, taches brunes (infiltration), moisissures (problème de ventilation).
  • Les sols : parquet qui bouge ou grince, carrelage fissuré, différences de niveau entre pièces.

Faut-il faire intervenir un pro pour le diagnostic ?

  • Électricité et gaz : oui, idéalement. Un électricien ou un chauffagiste pourra vous dire si une mise en sécurité ou une refonte complète est nécessaire.
  • Humidité et structure : si vous voyez de grosses fissures ou des murs très humides, faites passer un professionnel (ingénieur, maçon expérimenté, bureau d’étude si gros doute).

Ordre logique : diagnostic avant tout. Tant que vous n’avez pas cette vision, ne signez pas de devis définitifs et ne fixez pas de planning serré. Sinon, les mauvaises surprises tomberont en plein milieu du chantier.

Étape 2 : définir le projet et le budget

Une fois l’état des lieux posé, on décide ce qu’on va faire… et ce qu’on ne fera pas (par manque de temps, de budget ou parce que ce n’est pas prioritaire).

Questions à se poser :

  • Garde-t-on le même plan ou on modifie les cloisons ?
  • On refait les réseaux (électricité, plomberie) entièrement ou partiellement ?
  • On change les fenêtres maintenant ou plus tard ?
  • On vise une rénovation « rafraîchissement » ou une rénovation lourde ?

Ordres de prix pour se repérer :

  • Rafraîchissement léger (peintures, sols simples, petits ajustements) : 150 à 400 €/m² TTC.
  • Rénovation standard (élec partielle, cuisine/sdb à niveau correct, sols et murs) : 400 à 800 €/m² TTC.
  • Rénovation lourde (réseaux complets, cloisons, isolation intérieure, pièces d’eau haut de gamme) : 800 à 1 500 €/m² TTC, voire plus sur du très haut de gamme.

Exemple : pour un appartement de 60 m² :

  • Rafraîchissement : environ 9 000 à 24 000 €.
  • Rénovation standard : environ 24 000 à 48 000 €.
  • Rénovation lourde : environ 48 000 à 90 000 € (voire plus selon prestations).

Pensez à garder une marge de 10 à 15 % pour les imprévus. Sur un chantier, ils finissent quasiment toujours par arriver.

Étape 3 : l’ordre des travaux d’intérieur dans un appartement

Voici la trame classique pour un appartement. L’idée : aller du plus « sale » au plus « propre », et du gros œuvre aux finitions.

1. Démolition et dépose

  • Abattage de cloisons non porteuses.
  • Dépose des anciens revêtements (moquettes, vieux carrelages, faïences, papiers peints).
  • Dépose des anciens meubles de cuisine, sanitaires, radiateurs si nécessaire.

Pourquoi en premier ? C’est l’étape la plus poussiéreuse et la plus bruyante. On libère l’espace, on découvre les « dessous » des murs et des sols, et on peut corriger le projet si on découvre une surprise (grosse gaine, mur plus porteur que prévu, etc.).

2. Gros œuvre intérieur / modifications de structure

  • Création d’ouvertures intérieures (type verrière) dans des murs porteurs (avec étude et IPN par un pro).
  • Reconstruction de cloisons (placo, briques, carreaux de plâtre).
  • Redressement de planchers si nécessaire.

Important : toute intervention sur un mur porteur ou un élément structurel nécessite un avis technique (ingénieur, bureau d’étude) et souvent une autorisation (copropriété, mairie).

3. Réseaux encastrés : électricité, plomberie, chauffage

  • Reprise ou refonte du tableau électrique, tirage de nouvelles lignes.
  • Création/modification des arrivées et évacuations d’eau (cuisine, salle de bain, WC).
  • Pose ou déplacement de radiateurs, passage de tuyaux de chauffage si nécessaire.

On profite des cloisons ouvertes et des sols encore bruts pour tout passer maintenant. C’est beaucoup plus simple et propre que de percer des murs finis plus tard.

4. Fermetures et isolation intérieure

  • Pose ou remplacement des fenêtres et portes-fenêtres.
  • Isolation des murs par l’intérieur si prévu (doublage isolant + placo).
  • Fermeture des cloisons (plaques de plâtre, bandes, première passe d’enduit).

On clôt le « volume » de l’appartement avant d’attaquer les revêtements.

5. Préparation des supports : murs, plafonds, sols

  • Ragréage des sols si besoin (mise à niveau pour accueillir carrelage, parquet, PVC).
  • Enduits de lissage sur les murs et plafonds.
  • Ponçage général.

C’est l’étape un peu ingrate, mais tout se joue là : des supports mal préparés donneront un rendu moyen, même avec une peinture de qualité.

6. Revêtements de sols « durs » et pièces d’eau

  • Pose des carrelages au sol (salle de bain, WC, cuisine selon choix).
  • Pose des faïences murales (douche, baignoire, crédence).
  • Étanchéité (SPEC, receveurs, joints).

On commence souvent par les pièces d’eau, plus techniques. Ensuite, on pourra y installer les équipements (vasques, douche, WC) sans salir les autres pièces.

7. Peintures et revêtements muraux

  • Sous-couche sur murs et plafonds.
  • Deux couches de peinture (voire trois pour certains coloris).
  • Pose éventuelle de papier peint sur certains murs, après préparation soignée.

On réalise les peintures avant la pose des parquets et des revêtements de sol sensibles, pour limiter les risques de taches (même si on bâche, un accident arrive vite).

8. Revêtements de sols « sensibles »

  • Parquet stratifié, contrecollé ou massif.
  • Sols PVC en lames ou rouleaux.
  • Moquette si vous en mettez (plus rare aujourd’hui).

On les pose à la fin, pour éviter les chocs et rayures pendant le passage des artisans.

9. Second œuvre final : équipements et finitions

  • Pose de la cuisine équipée.
  • Installation des sanitaires, robinetteries, meubles de salle de bain.
  • Pose des plinthes, chambranles de portes, seuils.
  • Installation des prises, interrupteurs, luminaires.
  • Pose des portes intérieures, poignées.

10. Nettoyage et petits ajustements

  • Nettoyage de chantier approfondi.
  • Retouches de peinture, réglage des portes, ajustement des plinthes.
  • Test de tous les équipements (électricité, eau, chauffage).

Prix moyens par type de travaux d’intérieur

Les prix varient selon la région, la complexité et le niveau de gamme, mais voici des ordres d’idée (pose comprise, TTC) :

  • Démolition / dépose : 20 à 60 €/m² selon difficulté (évacuation des gravats, étage élevé sans ascenseur, etc.).
  • Cloisons en plaque de plâtre (placo) : 40 à 70 €/m² (fourniture + pose).
  • Électricité complète : 80 à 150 €/m² pour une rénovation totale aux normes actuelles.
  • Plomberie (hors équipements) : 80 à 150 €/m² de surface de l’appartement, ou au forfait par pièce d’eau.
  • Fenêtres PVC double vitrage : 400 à 900 € par fenêtre posée (taille standard).
  • Peinture murs et plafonds : 20 à 45 €/m² de surface de mur/plafond (préparation incluse).
  • Carrelage au sol : 40 à 120 €/m² (carrelage + colle + main-d’œuvre).
  • Parquet stratifié posé : 30 à 70 €/m².
  • Parquet contrecollé ou massif : 60 à 150 €/m² selon essence et pose.
  • Rénovation complète d’une salle de bain : 6 000 à 15 000 € pour 4–6 m².
  • Rénovation ou création de cuisine équipée : 5 000 à 20 000 € selon gamme et électroménager.

Pour affiner, faites faire plusieurs devis détaillés en exigeant : matériaux, marques, épaisseurs, finitions. Deux devis au même prix peuvent en réalité proposer des prestations très différentes.

Exemple de planning pour un appartement de 60 m²

Voici un planning type pour une rénovation intérieure « standard » (hors grosses surprises), avec intervention de professionnels. Durées indicatives :

  • Préparation (diagnostic, plans, devis, autorisations) : 1 à 2 mois.
  • Démolition / dépose : 3 à 7 jours.
  • Modifications de cloisons / structure légère : 1 à 2 semaines.
  • Électricité + plomberie + chauffage (réseaux) : 2 à 3 semaines.
  • Fenêtres + isolation + fermetures de cloisons : 1 à 2 semaines.
  • Préparation des supports (enduits, ragréages) : 1 à 2 semaines.
  • Carrelage + faïence + étanchéité pièces d’eau : 1 à 2 semaines.
  • Peintures murs et plafonds : 1 à 3 semaines selon nombre de couches et état des supports.
  • Pose des sols (parquets, PVC) : 3 à 7 jours.
  • Cuisine, sanitaires, finitions, réglages : 1 à 3 semaines.

Au total, pour un 60 m², une rénovation cohérente se situe souvent entre 8 et 12 semaines de travaux effectifs, parfois plus si plusieurs corps d’état doivent se coordonner ou si le chantier se fait en site occupé (vous vivez dedans).

Astuce : évitez de tout caler au jour près. Prévoyez toujours une marge de 1 à 2 semaines pour les aléas (retards de matériaux, artisan malade, imprévus techniques).

Faire soi-même ou passer par des pros ?

La vraie question, ce n’est pas « suis-je bricoleur ? », mais : sur quelles étapes je peux réellement assurer, et lesquelles je dois déléguer ?

Idéalement à confier à des pros :

  • Électricité (normes, sécurité, assurance en cas de sinistre).
  • Plomberie complexe et étanchéité des salles de bain.
  • Interventions sur murs porteurs, planchers, structure.
  • Pose de fenêtres si chantier en hauteur ou accès compliqué.

Souvent réalisable soi-même avec un bon niveau de bricolage :

  • Dépose et démolition « douce » (en respectant la sécurité).
  • Peinture, pose de papier peint.
  • Pose de parquets flottants, sols PVC clipsés.
  • Montage de cuisine (hors raccordements élec/plomberie) pour les plus motivés.

Gains possibles en faisant soi-même : sur la partie peinture et sols, vous pouvez souvent économiser 20 à 30 % du budget total. Mais attention au temps que ça représente et à la qualité finale : mieux vaut un chantier un peu plus cher, bien fait, qu’une rénovation pas finie qui traîne pendant des mois.

Erreurs fréquentes dans l’ordre des travaux… et comment les éviter

Sur le terrain, les mêmes erreurs reviennent encore et encore. En voici quelques-unes :

  • Poser le parquet avant d’avoir fini la peinture : résultat, éclats de peinture, rayures, reprises à faire.
    Solution : parquet en dernier, toujours.
  • Ne pas refaire l’électricité quand tout est ouvert : vous refaites la déco, puis 6 mois après il faut passer de nouvelles gaines.
    Solution : revoir les réseaux au moment où les cloisons sont accessibles.
  • Installer la cuisine avant les sols : vous vous retrouvez avec des découpes complexes et des hauteurs bancales.
    Solution : sols finis, puis cuisine (sauf cas particuliers de carrelage uniquement sous les meubles).
  • Sous-estimer le temps de préparation des murs : vous pensez « deux couches de peinture et c’est fini », mais les murs sont très abîmés.
    Solution : prévoir du temps pour l’enduit et le ponçage, ou le chiffrer clairement avec l’artisan.
  • Commencer sans devis détaillés : devis globaux, sans marque ni références, qui explosent en cours de route.
    Solution : exiger des devis poste par poste, avec fiches techniques des matériaux si possible.
  • Ne pas coordonner les corps de métier : l’électricien attend que le plombier finisse, le peintre attend l’électricien… et tout le monde se marche dessus.
    Solution : établir un planning commun et un interlocuteur qui coordonne (maître d’œuvre, architecte d’intérieur, ou vous si vous vous en sentez capable).

En résumé : la bonne logique pour des travaux d’intérieur réussis

Pour un appartement, l’ordre des interventions suit toujours la même logique :

  • on diagnostique avant tout,
  • on définit le projet et le budget en fonction de l’état réel,
  • on commence par le sale et le structurel (démolition, cloisons, réseaux),
  • on enchaîne avec la préparation des supports,
  • on pose les revêtements dans le bon ordre (pièces d’eau, peintures, puis sols sensibles),
  • on termine par les équipements et finitions.

En respectant cet ordre, en gardant une marge de temps et de budget, et en choisissant avec soin ce que vous faites vous-même ou non, votre rénovation d’appartement devient un projet maîtrisé plutôt qu’une source d’ennuis.

Et si vous avez un doute sur l’ordre des travaux pour votre cas particulier (appartement occupé, copro exigeante, contraintes techniques), n’hésitez pas à demander l’avis d’un pro avant de lancer la machine : un rendez-vous d’1 ou 2 heures peut vous éviter plusieurs semaines de galère.

Ethan