Depose carrelage prix : combien coûte la démolition d’un sol ou d’un mur carrelé ?

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Depose carrelage prix : combien coûte la démolition d’un sol ou d’un mur carrelé ?
Depose carrelage prix : combien coûte la démolition d’un sol ou d’un mur carrelé ?

Dépose de carrelage : ce qu’on paie vraiment

Avant de parler prix, il faut bien comprendre ce qu’englobe la « dépose de carrelage ». Quand on dit qu’on va « enlever le carrelage », on ne parle pas juste de décoller quelques carreaux à la spatule. Un professionnel facture généralement :

  • La protection du chantier (bâches, protections de sols, ruban adhésif…)
  • La dépose des carreaux (sol ou mur)
  • La gestion des gravats (évacuation, benne, déchetterie)
  • Le nettoyage et, parfois, la préparation du support pour le nouveau revêtement

Plus il y a de carreaux, plus le support est dur, plus l’accès est compliqué… plus la facture grimpe. On va détailler tout ça, avec des prix au m² et des exemples concrets pour que vous puissiez estimer votre chantier.

Carrelage au sol vs carrelage mural : les différences de prix

Le prix de la dépose dépend beaucoup de l’emplacement du carrelage. On ne travaille pas du tout pareil sur un sol de 40 m² que sur une crédence de cuisine de 3 m².

Carrelage au sol (intérieur)

  • Prix moyen avec un pro : 20 à 40 € TTC/m² pour une dépose simple, hors ragréage
  • Difficulté : moyenne à élevée (poids, bruit, poussière)
  • Particularité : souvent collé sur chape ou dalle béton, parfois sur ancien carrelage

Les sols sont en général plus longs à casser, produisent plus de gravats et demandent souvent une remise à niveau (ragréage) avant de reposer un nouveau revêtement.

Carrelage mural (salle de bain, crédence, WC…)

  • Prix moyen avec un pro : 25 à 45 € TTC/m² pour une dépose simple
  • Difficulté : moyenne (travail en hauteur, risque d’abîmer le support)
  • Particularité : support plus fragile : placo, carreaux de plâtre, briques creuses…

Sur les murs, le temps passé à faire attention au support (pour ne pas tout arracher) peut rallonger le chantier, donc le coût. Parfois, il est plus rentable de déposer directement la cloison et en remonter une neuve, surtout dans les petites salles de bain très carrelées.

Les facteurs qui font varier le prix de la dépose

Deux chantiers de 20 m² de carrelage peuvent avoir des prix totalement différents. Pourquoi ? À cause de ces points clés :

1. Le type de pose existante

  • Carrelage collé sur colle mince : le plus courant dans les logements récents, souvent plus simple à déposer.
  • Carrelage scellé sur mortier (ancienne méthode, surtout avant les années 90) : beaucoup plus long et physique à retirer, car il faut casser la couche de mortier.
  • Carrelage sur carrelage : deux couches à gérer, avec des épaisseurs variées et parfois des mauvaises surprises.

En clair : un carrelage scellé peut facilement coûter 30 à 50 % plus cher à déposer qu’un carrelage simplement collé.

2. L’état du carrelage et du support

  • Carrelage déjà fendu ou mal collé : plus rapide à enlever.
  • Carrelage très bien collé, plein format (60×60, 80×80) : longer à casser et plus lourd à évacuer.
  • Support fragile (vieux placo, cloison déjà humide) : il faut travailler plus doucement, donc plus de temps.

3. L’accessibilité du chantier

  • Maison de plain-pied avec jardin et accès camion : chantier facile, gravats rapidement sortis.
  • Appartement au 4ᵉ sans ascenseur : trajets supplémentaires, temps de manutention, parfois nécessité de sacs à gravats renforcés.

Beaucoup d’artisans adaptent leur prix en fonction de cette logistique. Sur des chantiers difficiles d’accès, comptez facilement +5 à +10 €/m².

4. La gestion des gravats

La dépose de carrelage produit beaucoup de déchets lourds (tuiles, mortier, colle, poussières). Trois cas courants :

  • Vous gérez vous-même (véhicule et déchetterie) : certains artisans acceptent de baisser le prix.
  • L’artisan évacue en déchetterie : coût inclus dans le forfait, souvent 50 à 150 € pour un chantier standard.
  • Benne à gravats obligatoire (surface importante, accès chantier, immeuble) : 200 à 400 € la benne en moyenne.

5. Les travaux annexes

  • Ragréage du sol : 10 à 25 € TTC/m² en plus, selon l’épaisseur.
  • Reprise de mur (enduit, rebouchage, doublage) : 15 à 40 € TTC/m² suivant l’état.
  • Dépose de sanitaires (WC, meuble vasque, douche) : souvent facturée à part, 50 à 300 € selon les éléments.

Prix moyen d’une dépose de carrelage par un pro

Voici des fourchettes réalistes, constatées sur le terrain pour une dépose réalisée par un professionnel (main-d’œuvre + évacuation des gravats, hors préparation du nouveau support).

Pour un carrelage au sol

  • Carrelage collé sur chape : 20 à 35 € TTC/m²
  • Carrelage scellé sur mortier : 30 à 50 € TTC/m²
  • Carrelage sur carrelage : 25 à 45 € TTC/m²

Pour un carrelage mural

  • Mur maçonné (brique, parpaing) : 25 à 40 € TTC/m²
  • Mur en placo : 30 à 45 € TTC/m² (plus de risques de dégâts)

Exemples concrets

Exemple 1 : dépose d’un carrelage de sol collé dans une cuisine de 15 m²

  • Dépose + évacuation : 15 m² x 25 €/m² ≈ 375 € TTC
  • Option ragréage fin : 15 m² x 15 €/m² ≈ 225 € TTC
  • Total estimatif : 600 € TTC

Exemple 2 : dépose complète d’un carrelage mural dans une salle de bain de 20 m² de murs

  • Dépose + évacuation : 20 m² x 35 €/m² ≈ 700 € TTC
  • Reprise des murs (enduit, lissage) : 20 m² x 20 €/m² ≈ 400 € TTC
  • Total estimatif : 1 100 € TTC

Ces montants restent indicatifs, mais ils donnent un ordre de grandeur réaliste pour anticiper votre budget.

Dépose de carrelage soi-même : gains et vrais coûts cachés

Enlever un carrelage soi-même peut faire économiser une belle somme, surtout sur les grandes surfaces. Mais il faut regarder l’ensemble des coûts, pas seulement la main-d’œuvre.

Le matériel minimum à prévoir

  • Marteau + burin : 15 à 30 €
  • Massette : 10 à 20 €
  • Burineur électrique ou perforateur avec burin plat (achat) : 80 à 250 €
  • Location burineur pro : 40 à 70 €/jour
  • Équipements de protection : gants, lunettes, masque FFP2, protections auditives (30 à 60 €)
  • Bâches, ruban de masquage, adhésif : 20 à 40 €
  • Sacs à gravats renforcés : 1 à 3 € le sac (comptez-en beaucoup plus que prévu…)

Coût total matériel pour un particulier non équipé : entre 150 et 300 € en moyenne (en mélangeant un peu d’achat et de location).

La gestion des gravats pour un particulier

  • Carrelage + mortier = déchets lourds, rapidement plusieurs centaines de kilos.
  • Il faut un véhicule adapté : remorque ou utilitaire.
  • Les déchetteries limitent parfois le poids ou le nombre de passages.

Si vous devez louer un utilitaire, rajoutez 60 à 100 € la journée, carburant non compris.

Le temps à y passer

En rythme réaliste (hors grosses surprises), un bricoleur débutant peut enlever :

  • 5 à 10 m² de carrelage au sol par jour
  • 6 à 12 m² de carrelage mural par jour

Sur 30 m² de sol, comptez 3 à 5 jours à deux personnes, en travaillant sérieusement. C’est faisable, mais physique et très poussiéreux.

Les risques à connaître

  • Casser le support (dalle, chape, placo) et devoir refaire plus de travaux que prévu.
  • Endommager des réseaux (chauffage au sol, gaines électriques encastrées dans la chape ou le mur).
  • Créer des fissures dans les pièces voisines si on tape trop fort dans des cloisons légères.

En résumé : pour un petit surface (crédence, toilettes, niche…), le faire soi-même est souvent pertinent. Pour une grande salle de bain ou tout un rez-de-chaussée, il faut bien peser les économies par rapport au temps, au physique et aux risques.

Étapes d’un chantier type de dépose de carrelage

Voici comment se déroule un chantier proprement, que vous le fassiez vous-même ou que vous suiviez l’artisan. Je vous le détaille comme sur un planning de chantier : diagnostic, préparation, mise en œuvre, finitions, nettoyage.

1. Diagnostic du support et de la pose existante

  • Identifier si le carrelage est collé ou scellé (tapoter, sonder, voir l’épaisseur au niveau des seuils de porte).
  • Repérer la présence éventuelle de chauffage au sol (électrique ou hydraulique).
  • Contrôler l’état des cloisons (placo abîmé, humidité, fissures).
  • Déterminer les zones sensibles : passages de tuyaux, gaines électriques.

Cette étape est cruciale pour anticiper les outils à utiliser et ajuster le budget.

2. Préparation et protection

  • Retirer meubles, plinthes amovibles, portes si besoin.
  • Protéger les pièces voisines : bâches plastiques, ruban de masquage sur les portes, joints de fenêtres.
  • Protéger les sols à conserver : cartons épais, panneaux de protection.
  • Prévoir un circuit pour évacuer les gravats sans salir tout le logement.

Un professionnel passe parfois une demi-journée rien qu’à préparer un chantier moyen. Ce temps-là est compris dans le prix, mais c’est ce qui fait la différence entre un chantier propre et un champ de bataille.

3. Mise en œuvre : la dépose elle-même

Sur un sol carrelé :

  • Commencer par un angle ou une zone où l’on peut attaquer un joint facilement.
  • Utiliser un burin plat et un marteau pour décoller les premiers carreaux.
  • Ensuite, passer au burineur/perforateur avec burin large, en restant à faible angle pour limiter les dégâts sur la chape.
  • Évacuer les gravats au fur et à mesure pour ne pas travailler dans un tas de débris.

Sur un mur carrelé :

  • Commencer par le haut ou un bord libre.
  • Utiliser un marteau + burin fin, voire un petit burineur léger.
  • Protéger la baignoire, le receveur de douche ou le plan de travail avec des panneaux rigides.
  • Travailler progressivement pour surveiller l’état du support (placo, carreaux de plâtre…).

4. Gestion des gravats

  • Remplir des sacs à gravats, sans les surcharger (le poids monte très vite).
  • Stocker les sacs près du point de sortie si l’évacuation se fait en plusieurs temps.
  • Prévoir le chargement dans le véhicule ou l’appoint d’une benne si le volume est important.

Sur un sol de 40 m², on peut vite dépasser 1 tonne de gravats. C’est là que la logistique et la condition physique comptent.

5. Finitions et préparation du nouveau support

Une fois le carrelage déposé, le chantier n’est pas terminé :

  • Retirer les résidus de colle ou de mortier les plus importants.
  • Aspirer soigneusement la poussière (idéalement avec un aspirateur de chantier)
  • Contrôler la planéité : règle de maçon, niveau, repérage des creux/bosses.
  • Prévoir, si besoin :
    • Un ragréage (sol)
    • Un enduit de rebouchage ou de lissage (murs)

C’est souvent à ce moment-là que les mauvaises surprises apparaissent (chape fissurée, placo trop abîmé, zone humide). D’où l’intérêt de conserver une marge dans votre budget.

Comment optimiser le coût de la dépose de carrelage ?

Il existe quelques leviers pour faire baisser un peu la facture sans sacrifier la qualité.

1. Faire soi-même une partie des tâches

  • Vous occupez de la protection (bâches, déménagement des meubles) avant l’arrivée du pro.
  • Gérer l’évacuation des gravats si vous avez un véhicule adapté.
  • Préparer certains murs (dépose de meubles hauts, accessoires, joints silicone…)

Beaucoup d’artisans acceptent d’adapter leur devis si une partie de ces tâches est faite correctement en amont.

2. Regrouper les travaux

Faire déposer le carrelage de plusieurs pièces en une seule fois permet généralement :

  • De lisser les coûts fixes (déplacement, mobilisation du matériel).
  • D’obtenir un meilleur prix au m² sur de grandes surfaces.

3. Comparer les solutions : déposer ou recouvrir ?

Parfois, vous n’êtes pas obligé d’enlever le carrelage existant. Deux alternatives existent :

  • Poser un nouveau carrelage sur l’ancien :
    • Avantage : pas de gravats, pas de bruit de dépose.
    • Inconvénient : surépaisseur (attention aux portes, seuils, équipements sanitaires).
  • Poser un revêtement mince (PVC, stratifié spécial pièces humides, résine) :
    • Avantage : rapide, moins cher que déposer + refaire une chape.
    • Inconvénient : nécessite un support relativement plan, pas adapté à toutes les pièces.

Ces solutions ne remplacent pas une vraie dépose dans tous les cas, mais pour certains projets (location, budget limité, délais serrés), elles peuvent être intéressantes à étudier.

Ce qu’il faut retenir pour chiffrer votre projet

Pour évaluer correctement le prix de la dépose de votre carrelage, posez-vous les questions suivantes :

  • Sol ou mur ? Quelle surface exacte (en m²) ?
  • Carrelage collé ou scellé ? Sur quel type de support ?
  • Maison ou appartement ? Accès facile ou non ?
  • Qui s’occupe des gravats ? Pro ou vous-même ?
  • Faut-il prévoir un ragréage ou une reprise des murs derrière ?

En fonction de vos réponses, vous pouvez vous attendre, avec un professionnel, à un coût global de :

  • 20 à 50 € TTC/m² pour une dépose simple avec évacuation des gravats
  • jusqu’à 70 € TTC/m² si l’on ajoute les réparations de support et les contraintes d’accès

Pour un bricoleur motivé, la dépose soi-même permet généralement d’économiser 50 à 70 % de la main-d’œuvre, au prix de plusieurs jours de travail physique et d’une bonne organisation pour les gravats.

Quel que soit votre choix, l’important est de ne pas sous-estimer cette phase : un carrelage bien enlevé, c’est un support sain pour le futur revêtement… et beaucoup de problèmes évités plus tard.

Ethan