Plomberie prix m estimer le budget d’une installation ou rénovation complète

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Plomberie prix m estimer le budget d’une installation ou rénovation complète
Plomberie prix m estimer le budget d’une installation ou rénovation complète

Refaire toute la plomberie d’une maison ou d’un appartement, ça fait toujours un peu peur : on sait que ça peut vite chiffrer, mais on ne sait pas vraiment sur quoi se baser. Prix au mètre ? Au point d’eau ? Au forfait ? Et surtout : comment savoir si le devis du plombier est cohérent ?

Dans cet article, on va poser les choses calmement, comme sur un chantier. On va parler prix au mètre, mais aussi prix au point d’eau, matériaux, main-d’œuvre, et je vais vous montrer comment estimer correctement le budget d’une installation ou d’une rénovation complète de plomberie, sans surprise au moment de signer.

Ce que comprend vraiment une installation de plomberie

Avant de parler chiffres, il faut bien comprendre ce qu’on met dans “installation de plomberie”. Ce n’est pas juste trois tuyaux et un robinet.

Une installation complète de plomberie, c’est généralement :

  • l’arrivée d’eau principale et son compteur (souvent géré par le réseau, mais adapté par le plombier) ;
  • la distribution d’eau froide dans tout le logement ;
  • la distribution d’eau chaude (depuis le ballon / chauffe-eau / chaudière) ;
  • les évacuations des eaux usées (lavabo, douche, évier, WC…) ;
  • éventuellement les évacuations d’eaux pluviales (selon le projet) ;
  • la robinetterie (mitigeurs, colonnes de douche, etc.) ;
  • les appareils sanitaires : WC, lavabo, douche, baignoire, évier, etc.

Quand un pro chiffre votre chantier, il ne raisonne pas uniquement “au mètre de tuyau”. Il additionne :

  • les longueurs de réseau (alimentation + évacuation) ;
  • le nombre de points d’eau ;
  • la difficulté d’accès (rénovation vs construction neuve) ;
  • les matériaux choisis (PER, multicouche, cuivre…) ;
  • la main-d’œuvre (heures passées sur place + préparation atelier).

Le “prix au mètre” est donc surtout une base pour comparer, pas le seul critère.

Prix au mètre linéaire : les grandes fourchettes

En France, en 2024, voilà les ordres de grandeur TTC (matériaux + pose par un pro) qu’on rencontre le plus souvent pour une installation standard, hors équipements (sanitaires, robinetterie) :

Alimentation en eau (tuyaux d’eau froide / chaude) :

  • PER (le plus courant en neuf et rénovation) : environ 20 à 40 € / m linéaire posé ;
  • Multicouche (plus rigide, durable, esthétique) : 30 à 60 € / m posé ;
  • Cuivre (soudé, plus long à poser) : 40 à 80 € / m posé.

Évacuations (PVC) :

  • pour des diamètres courants (32, 40, 100 mm) : 25 à 60 € / m posé selon l’accessibilité (dalle à percer, mur à rainurer, vide sanitaire, etc.).

Ces prix incluent en général :

  • le tube lui-même ;
  • les raccords et colliers ;
  • la main-d’œuvre ;
  • les petites fournitures (chevilles, joints, pâte à joint…).

Plus le chantier est compliqué (vieille maison, murs en pierre, plancher à ouvrir), plus on se rapproche du haut de la fourchette. En construction neuve, facilement accessible, on est souvent dans la partie basse.

Prix au point d’eau : un repère plus parlant

Le prix au mètre est utile pour comparer des matériaux, mais pour estimer globalement un chantier, on regarde souvent le prix au point d’eau.

Un “point d’eau”, c’est par exemple :

  • un lavabo ;
  • une douche ;
  • une baignoire ;
  • un évier ;
  • un WC ;
  • une machine à laver ;
  • un lave-vaisselle.

En comptant fourniture + pose de la tuyauterie (alimentation + évacuation) sans les appareils haut de gamme, on trouve souvent :

  • entre 500 et 1 200 € TTC / point d’eau en rénovation standard ;
  • entre 400 et 900 € TTC / point d’eau en construction neuve (accès plus facile, moins de surprises).

Exemple : un appartement avec :

  • 1 salle de bains (douche + lavabo) → 2 points d’eau ;
  • 1 WC → 1 point d’eau ;
  • 1 cuisine (évier + lave-vaisselle) → 2 points d’eau ;
  • 1 arrivée machine à laver → 1 point d’eau.

On a donc 6 points d’eau.

Avec un prix moyen de 700 € / point d’eau, on arrive à :

6 × 700 € = 4 200 € TTC pour la partie “réseau + raccordements”, hors appareils et hors chauffe-eau / chaudière.

Installation complète en neuf : combien prévoir ?

Pour une maison neuve, le chantier est plus simple : tout est accessible, on peut passer en plafonds et cloisons avant les finitions, on évite les démolitions.

Pour une maison neuve de 90 à 100 m² avec :

  • 1 salle de bains (douche + lavabo + WC) ;
  • 1 WC séparé ;
  • 1 cuisine (évier + LV) ;
  • 1 buanderie (machine à laver) ;
  • production d’eau chaude par ballon ou chaudière simple.

On trouve souvent les ordres de grandeur suivants :

  • Réseau complet plomberie (alimentation + évacuation) : 5 000 à 8 000 € TTC ;
  • Sanitaires et robinetterie (gamme standard) : 2 000 à 4 000 € TTC fournis/posés ;
  • Production eau chaude (chauffe-eau électrique 200 L posé) : 800 à 1 500 € TTC ;
  • Chaudière gaz avec distribution (si chauffage inclus par le plombier) : le budget peut monter à 6 000 à 10 000 € TTC selon le matériel.

Globalement, pour une installation complète de plomberie (hors chauffage complet) sur une maison neuve de taille moyenne, comptez :

entre 8 000 et 12 000 € TTC, selon la gamme de matériaux et de sanitaires choisis.

Rénovation complète : les vrais postes qui font grimper la note

En rénovation, le prix au mètre n’a plus tout à fait la même valeur, car on ajoute :

  • la dépose de l’ancienne plomberie ;
  • les démolitions (faïence, coffrages, sols) ;
  • les reprises de maçonnerie et placo ;
  • les traversées de planchers (bois, béton) ;
  • les adaptations aux normes actuelles (diamètres, ventilation, sécurité).

Résultat : pour une rénovation complète de plomberie dans un appartement de 60–80 m², avec :

  • remplacement de toutes les alimentations ;
  • remplacement des évacuations accessibles ;
  • rénovation d’une salle de bains et d’une cuisine ;
  • installation d’un chauffe-eau neuf ;

on se situe souvent entre :

8 000 et 15 000 € TTC, selon :

  • le nombre de points d’eau ;
  • l’état existant (plomberie très ancienne, plomb, fonte, etc.) ;
  • le niveau de finition (carrelage, meuble vasque, douche italienne…)
  • la complexité des passages de tuyaux (gainables, encastrés, apparents).

Pour une maison ancienne à rénover intégralement (100–120 m²) avec redistribution complète des pièces d’eau, il n’est pas rare de voir des budgets de :

12 000 à 20 000 € TTC pour la plomberie seule, surtout s’il faut :

  • créer de nouvelles salles d’eau ;
  • reprendre les évacuations principales (chute WC, raccord tout-à-l’égout) ;
  • adapter la pression ou traiter une eau très calcaire.

Prix au mètre vs prix global : comment faire son estimation à la maison

Pour ne pas se perdre dans les chiffres, voici une méthode simple pour estimer votre budget vous-même, avant même d’appeler des pros.

1. Compter les points d’eau

Faites le tour du logement et listez :

  • les lavabos/vasques ;
  • les douches/baignoires ;
  • les WC ;
  • l’évier de cuisine ;
  • lave-vaisselle ;
  • machine à laver ;
  • éventuels points extérieurs (robinet de jardin).

Multipliez le nombre de points par en rénovation standard pour une estimation “réseau + raccordements”.

2. Ajouter les appareils sanitaires

En gamme standard (hors luxe, hors balnéo) :

  • WC complet posé : 300 à 700 € TTC ;
  • lavabo + mitigeur + siphon posé : 250 à 600 € TTC ;
  • douche classique (receveur + robinetterie standard) posée : 800 à 2 000 € TTC ;
  • baignoire posée : 700 à 1 800 € TTC ;
  • évier de cuisine + mitigeur posé : 400 à 1 000 € TTC.

3. Ajouter la production d’eau chaude

  • chauffe-eau électrique standard posé : 800 à 1 500 € TTC ;
  • chauffe-eau thermodynamique : 2 500 à 4 500 € TTC ;
  • chaudière gaz + raccordement hydraulique : 4 000 à 8 000 € TTC (hors radiateurs/plancher chauffant).

4. Majorer selon la difficulté

Ajoutez :

  • +10 à 20 % si rénovation lourde (vieille maison, nombreux percements) ;
  • +10 % si vous voulez des matériaux premium (multicouche apparent, robinetterie design) ;
  • +10 à 15 % si vous êtes en zone très tendue (grandes métropoles).

Diagnostic, préparation, mise en œuvre : comment se déroule un chantier type

Pour bien comprendre où passe l’argent, découpons le projet comme sur un vrai chantier.

1. Diagnostic

Le plombier commence par :

  • repérer le réseau existant (matériaux, diamètres, état) ;
  • contrôler l’arrivée générale, la pression, l’éventuelle présence de plomb ;
  • identifier les risques : fuites cachées, évacuations sous-dimensionnées, pentes insuffisantes.

À ce stade, il peut recommander :

  • un simple remplacement des réseaux visibles ;
  • ou une réfection complète si l’installation est trop ancienne ou non conforme.

2. Préparation

  • protection des sols et des meubles ;
  • dépose des anciens appareils ;
  • démolition des coffrages, cloisons ou sols nécessaires pour accéder aux tuyaux ;
  • traçage des nouveaux parcours de tuyaux.

Cette phase représente souvent 20 à 30 % de la main-d’œuvre en rénovation.

3. Mise en œuvre

  • pose des alimentations (PER/multicouche/cuivre) ;
  • pose des évacuations PVC en respectant les pentes ;
  • raccordements au collecteur et à la production d’eau chaude ;
  • tests d’étanchéité et de pression.

C’est là que le fameux “prix au mètre” s’applique réellement. Plus il y a de détours, de percements, de changement de diamètre, plus chaque mètre “coûte cher” en temps de pose.

4. Finitions

  • pose des appareils sanitaires ;
  • raccordement des robinetteries ;
  • création des coffrages, rebouchages, reprises de placo ;
  • remise en état des murs/sols (hors carrelage complet si c’est un autre lot).

En fin de chantier, un bon pro doit :

  • vous montrer les vannes de coupure ;
  • vous expliquer le fonctionnement du ballon/chaudière ;
  • vous remettre, si possible, un petit schéma du réseau (même simple).

5. Entretien

Ce n’est pas facturé dans le chantier initial, mais prévoyez :

  • un entretien annuel de chaudière si vous en avez une ;
  • un contrôle périodique du groupe de sécurité du ballon (voire son remplacement tous les 5–10 ans selon la qualité de l’eau) ;
  • un détartrage régulier dans les régions très calcaires.

Faire soi-même ou passer par un pro : l’impact sur le budget

En auto-réalisation complète (vous faites tout) :

  • vous payez uniquement le matériel : PER + raccords + PVC + robinetterie ;
  • le coût au mètre de PER peut descendre autour de 5 à 10 € / m (matériel seul) ;
  • mais vous prenez le risque d’erreurs coûteuses : fuites, pentes insuffisantes, non-respect des normes (assurance, revente).

En mixte (vous préparez, le pro raccorde et contrôle) :

  • vous faites les saignées, coffrages, rebouchages ;
  • le plombier se concentre sur la pose des réseaux et les raccords ;
  • vous pouvez réduire la note de 15 à 30 %, si le pro accepte ce fonctionnement.

Avec un plombier de A à Z :

  • vous payez la tranquillité, la garantie décennale et l’assurance ;
  • tarif horaire moyen : 45 à 70 € HT / heure selon les régions ;
  • déplacement : 30 à 60 € en général.

Sur la plomberie, un dégât des eaux peut faire très mal (planchers, voisins, mobilier…). C’est un des rares postes où je conseille franchement de faire intervenir un pro au moins sur les parties sensibles : raccords encastrés, collecteurs, production d’eau chaude.

Comment lire et comparer des devis de plomberie

Pour éviter les mauvaises surprises, exigez des devis détaillés. Un bon devis de plomberie doit préciser :

  • le type de matériau utilisé (PER, multicouche, cuivre, PVC) ;
  • les longueurs approximatives (ou au moins le nombre de lignes et de points d’eau) ;
  • la marque et la référence des principaux équipements (WC, mitigeurs, ballon) ;
  • la répartition matériel / main-d’œuvre ;
  • les éventuels travaux annexes (démolition, rebouchage, dépose d’anciens appareils).

Comparez les devis sur :

  • le nombre de points d’eau réellement comptés ;
  • le type de réseau (colonne montante refaite ou non, évacuations comprises ou pas) ;
  • la qualité des équipements (un mitigeur entrée de gamme à 50 € n’est pas comparable à un mitigeur à 200 €).

Un devis très bas cache souvent :

  • du matériel premier prix à la durée de vie limitée ;
  • peu ou pas de reprises de maçonnerie ;
  • aucune marge de manœuvre en cas d’imprévu.

Astuces de terrain pour maîtriser le budget

Quelques leviers simples pour faire baisser la facture sans sacrifier la qualité :

  • Limiter le nombre de points d’eau inutiles : une deuxième vasque ou une douche rarement utilisée coûte vite 1 000 à 2 000 € de plus.
  • Regrouper les pièces d’eau : salle de bains, WC et cuisine dos à dos ou l’une au-dessus de l’autre réduisent fortement les longueurs de réseau.
  • Choisir du matériel de marque, mais pas “design” : une robinetterie de marque fiable en gamme standard durera souvent plus longtemps qu’un mitigeur très design d’entrée de gamme.
  • Préparer les accès : vider les pièces, dégager les coffrages à démonter (avec accord du pro) peut lui faire gagner des heures.
  • Éviter les modifications en cours de chantier : déplacer une douche de 50 cm après la pose des évacuations, c’est à chaque fois des heures de travail en plus.

Enfin, n’hésitez pas à poser des questions précises au plombier : “combien de mètres de réseau vous estimez ?”, “quel diamètre d’évacuation pour la douche ?”, “le prix inclut-il le rebouchage ?”. Un bon pro ne se vexera pas, au contraire.

En résumé, le “prix au mètre” est une bonne base pour comprendre et comparer, mais pour un vrai budget, il faut raisonner en points d’eau, en niveau de finition et en complexité de chantier. Avec les ordres de grandeur ci-dessus, vous avez de quoi cadrer vos devis et éviter les déconvenues.

Ethan